Actu

« PIECES DETECHEES » attention DANGER

Le sujet des pièces détachées d’origine  est probablement l’un de ceux qui fait  couler le plus d’encre et de salive. Si les avis à ce sujet sont légions, un seul constat demeure : les déclarations des  constructeurs et celles des vendeurs de pièces détachées indépendants sont loin de se rejoindre. De nombreux médias, pas plus clair sur ce sujet, dans des conseils mêlant supputation et  approximations parachèvent le tableau.  

  • Le consommateur, confronté à une jungle  d’informations contradictoires ne sait bien souvent pas quel choix effectuer. Il est donc aujourd’hui temps de démêler le vrai du faux. Nous avons établi dans les épisodes précédents les points suivants :
  • L’appellation « pièce d’origine » créée par les fonctionnaires de Bruxelles  ne renseigne que sur la capacité du fournisseur à respecter une norme rien de plus
  • Aucune pièce issue des fournisseurs non officiels ne respecte les cahiers  des charges des constructeurs. 
  • La plupart des pièces siglées du fournisseur  officiel disponibles en after market ne respectent pas toutes les spécifications  du constructeur en termes de durée de vie, de confort, de performance ou de mise à jour.
  • Les pièces hors réseau officiel arborant les logo ou numéro du constructeur effacé ou non  sont de provenance douteuse voire illicite.

Plusieurs questions restent ouvertes

Est-ce que cela signifie que les pièces achetées  en concession sont toujours les plus solides ?  Pour répondre à cette question, il suffit de  revenir sur le processus de développement et de validation des pièces. Les pièces en concession  sont les seules dont vous pouvez être certains qu’elles respectent les spécifications  du constructeur, la cause est entendue. 

Toutefois, dans leur quête effrénée de profit,  de nombreux constructeurs européens et américains en tête ont pris la sale habitude de rogner  sur les marges de sécurité. Depuis une bonne dizaine d’années chez la quasi-totalité des  constructeurs généraliste et premium ces marges ont même disparu de nombreux cahiers des charges. Du coup les pièces fabriquées par le fournisseur officiel ne présenteront que le niveau  de fiabilité requis par le constructeur et pas plus. Si celui-ci est abonné aux bas  des tableaux de fiabilité, les pièces qu’il vendra dans son réseau auront de fortes chances  de présenter des niveaux de fiabilité mauvais. 

Si c’est la robustesse que vous recherchez,  acheter un véhicule peu fiable puis, chercher à  l’améliorer en y montant moult pièces after market  supposées plus robustes n’est pas la solution.  

Il sera bien plus efficace d’acheter une voiture  fiable fabriquée par un constructeur réputé pour la solidité de ses produits.  

Y-a-t-il des risques en matière  de sécurité à acheter des pièces hors réseau officiel ?

En effet, acheter des pièces hors réseau  officiel présente des risques. 3 cas peuvent se présenter : 

Tout d’abord, les pièces vendues par le  fournisseur officiel : sur le point de la sécurité ces pièces respectent  les spécifications européennes. Ensuite les pièces vendues par  des équipementiers qui livrent régulièrement les constructeurs automobiles : o Si celles-ci nécessitent une homologation avant leur mise sur le marché, on peut en  conclure que l’aspect sécuritaire est pris en compte. C’est le cas par exemple de tous  les organes de freinage incluant les pièces détachées non issus du fournisseur officiel  couverts par la norme européenne ECE R90. Si en revanche la pièce ne nécessite pas  d’homologation avant sa mise sur le marché, il est impossible de se prononcer en ce qui  concerne les risques en termes de sécurité.  Finalement les pièces sans marque ou issues de  fournisseurs inconnus ou ne pratiquant jamais la première monte : les risques sont réels. La  prudence poussera donc à éviter leur achat.

Comment s’assurer que les pièces que vous  achetez ne sont pas de la contrefaçon? 

Hors réseau officiel il est quasi impossible  de s’assurer que la pièce que vous achetez n’est pas de la contrefaçon. En effet, les  signes autrefois décrits comme permettant de reconnaître une pièce contrefaite à la vue sont  du passé. Songez que le détail apporté à certaines copies peut même donner du fil à retordre au  fabricant officiel pour démasquer la fraude. 

En l’absence de preuves documentées et non pas  d’une simple profession de foi d’une enseigne concernant la traçabilité des produits qu’elle  commercialise, il faut fuir immédiatement. 

Si la tranquillité d’esprit est l’un  de vos critères d’achat principaux, rien ne remplacera l’achat d’une pièce  chez votre agent ou concessionnaire.

Comment trouver des pièces de qualité lorsque  son véhicule est ancien?

Selon une légende souvent partagée sur les réseaux sociaux, un constructeur serait dans l’obligation  de mettre à disposition des pièces détachées pendant une durée de 10 ans. Pourtant et malheureusement, rien dans la loi ne l’y oblige. Voici ce qu’en dit la législation : 

Selon l’article L111 du Code de la consommation, tout fabricant est tenu d’informer «le vendeur professionnel de la période pendant laquelle ou de la date jusqu’à laquelle les pièces détachées indispensables à l’utilisation des biens sont  disponibles sur le marché». Il doit s’engager, en outre, à fournir «dans un délai de deux mois,  aux vendeurs professionnels ou aux réparateurs, agréés ou non, qui le demandent, les pièces  détachées indispensables à l’utilisation des biens vendus». Ces informations doivent ensuite  être délivrées par le vendeur au consommateur avant la conclusion du contrat de vente. La loi reste donc totalement opaque sur la durée effective durant laquelle un constructeur  serait tenu de mettre à disposition des pièces détachées. En effet celui-ci reste totalement  libre de décider «du fameux délai durant lesquels il estime que les pièces détachées  indispensables à l’utilisation de ses produits doivent être disponibles ». Du coup, que faire ? 3 configurations peuvent se présenter : 

– 1er cas :

Le constructeur du véhicule que vous  possédez est un champion de l’indisponibilité de pièces détachées après seulement quelques années  voire quelques mois. Vous n’avez donc d’autre choix que de vous tourner vers l’after market.  Dans un tel cas, la meilleure option sera sans conteste de vous approvisionner de pièces  fabriquées par l’équipementier officiel. Si, une fois de plus, rien n’indique qu’elles  proposeront les mêmes fonctionnalités et performances que les pièces de concession, tout  au moins ce fournisseur est celui qui possède le cahier des charges original. Les pièces  after market qu’il fabrique seront donc les plus à même de garantir votre sécurité.

– 2è cas :

Vous possédez une Rover, une Saab ou une Lancia. Le constructeur de votre  voiture n’existe plus ou ne distribue plus ses produits en France. Si la marque existe toujours  sous d’autres contrées et appartient à un groupe, il doit être possible de se procurer des pièces  dans les concessions d’autres marques du groupe.  

Exemple pour votre Lancia, le concessionnaire Fiat  le plus proche, moyennant quelquefois des délais assez longs doit être capable de commander  des pièces au groupe FCA dont Fiat et Lancia font partie. Si la marque n’existe plus, il peut  arriver que des distributeurs indépendants aient racheté les stocks de pièces et les proposent à la  vente ou que la marque assure toujours un service d’entretien par un réseau de partenaires. Si tel  n’est pas le cas, une fois de plus, la meilleure option sera sans conteste de vous approvisionner  de pièces fabriquées par l’équipementier officiel

– Dernier cas :

Vous possédez un véhicule de  collection. Dans cette configuration il est fréquent que non seulement les pièces ne  soient pas disponibles en concession mais que même les spécialistes de l’after market ne  les produisent plus. Comme le dit le proverbe ancien « faute de grives on mange des merles  ». Autrement dit, le marché de l’occasion ou de la refabrication badgées ou non reverse  engineering sont vos seules chances de salut.

Que penser des pièces vendues sous  le label reverse engineering ? 

Apparu il y a quelques années grâce à la  démocratisation des techniques de scanning 3D, le reverse engineering est quelquefois présenté  comme une solution permettant de remédier à des problèmes de fiabilité récurrents ou  d’indisponibilité de certaines pièces. 

Si la signification originale de cette méthode  est quelque peu modifiée, le sens sous lequel il est couramment employé est le suivant : il s’agit  de reproduire une pièce non pas depuis le cahier des charges et les plans mais à partir du modèle  numérique créé par le scanning de la pièce finie. 

Si cette technique peut s’avérer redoutable  pour la recréation de pièces de carrosserie introuvables de véhicules de collection, elle  comporte toutefois un problème de taille : 

Sauf à posséder les spécifications  originales et détaillées du constructeur, il est aisé de comprendre que reproduire une forme  ne signifie en aucun cas reproduire une fonction.  

Prenons le cas de pièces de carrosserie. Même si  la pièce est identique en termes de dimensions ou que le matériau est le même, il est fort à  parier que la mise en œuvre ne le sera pas. Ainsi les contraintes internes subies par la feuille  de métal lors d’un emboutissage sur outil de presse conçu et validé pour cette opération font  partie de la validation produit. Fabriquer de nouveaux une pièce de géométrie certes équivalente mais  avec des outils, des moyens de production ou simplement des paramètres différents peut induire  une fragilisation interne de celle-ci par exemple. 

Du coup il est simplement impossible de statuer  de manière ferme sur l’ensemble des pièces issue de procédé de rétroingénierie. La prudence  conduira à les éviter dans la mesure du possible.

Quoique la qualité des pièces after market puisse être inférieure  à celles des concessions, il serait injuste de passer sous silence que leur utilisation  peut permettre de faire de belles économies. 

Dans l’épisode qui va suivre, nous expliquerons  pourquoi et dans quels cas leur achat peut être tout-à-fait justifié par rapport à  l’achat de pièces issues du réseau

Constructeur. Nous verrons aussi pourquoi  certaines pièces détachées after market possèdent les mêmes numéros fournisseur  que les pièces vendues en concession et les raisons pour lesquelles dans de rares cas  il peut tout de même s’agir des mêmes pièces. 

Nous verrons également comment trouver  les meilleurs plans lorsque les pièces ne sont plus disponibles en concessions.

You may also like...