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Les 10 voitures les plus laides de tous les temps

La conception et le développement d’un  véhicule coute des sommes considérables à un constructeur. Elles mobilisent de plus des  bataillons d’ingénieurs et de techniciens. On se demande donc parfois comment il est possible  que tant d’efforts et d’investissement puissent être ruinés par un design hideux. Certaines  voitures sont restées dans l’histoire comme les pires ratés esthétiques jamais commercialisés. Aujourd’hui on s’amuse à lister certaines des voitures dont les lignes font malheureusement  consensus pour leur divorce plus ou moins manifeste d’avec la notion d’esthétisme. Voici donc la liste de 10 voitures possédant en commun un physique peu facile qui furent  à un moment ou un autre vendues en France.

10 – Toyota Mirai 2014 : La Toyota Mirai fait beaucoup parler d’elle

Par sa propulsion à hydrogène d’une part,  par son prix placé à près de 80 000 Euros, une paille, mais aussi et surtout par  son dessin disons le assez particulier. 

Commençons par les entrées d’air géantes à  l’avant semblant tenir plus de l’univers de la climatisation industrielle que de l’automobile. Ajoutons-y des formes convexes et concaves distribuées en dépit du bon sens, même  pas favorable au CX qui atteint une valeur banale de 0,29, ainsi qu’une malle arrière  disproportionnée. La Mirai de 2014 ne laissera pas un souvenir impérissable en termes de design. Cette voiture a même atteint la performance extraordinaire de faire oublier le  dessin à peine plus avenant de son ainé, la désormais célèbre Prius. Le succès phénoménal  de cette dernière semble toutefois prouver que les acheteurs en quête d’innovation peuvent  parfois faire l’impasse sur l’esthétique.  En tous cas, la marque Toyota semble  ne plus vouloir prendre de risques, la Mirai II présentée en 2020 arborant un dessin  bien plus consensuel que celle qu’elle remplace. 

9 – Ford Scorpio 2è série : Nous sommes dans les années 90.

À cette lointaine époque, les constructeurs  généralistes n’avaient pas encore tous jetés l’éponge dans le segment premium. En novembre 1994 apparait le restylage de la grosse berline de chez Ford,  la Scorpio. Lancée 8 ans auparavant, la 1ère version n’avait jamais réussi à se faire  une place dans son segment. Le moins que l’on puisse dire est que cette deuxième déclinaison  ne l’y a pas aidé.

Au risque de choquer, nous avons choisi une  personnalité très marquée : il ne fallait pas que cette voiture passe inaperçue », expliquait le Français Claude Lobo, alors directeur du style avancé chez Ford,  dans Le Monde daté du 19 septembre 1995. 

Souvent comparée à une baleine, le moins  que l’on puisse dire c’est que son souhait fut exaucé. Le rejet du public fut massif.  Des phares évoquant de lourdes paupières tombantes à la malle molle et gonflée, tout fait  penser à une masse informe, grasse et fondante. 

Cette voiture sera la dernière incursion en date  du constructeur dans le haut de gamme ce qui n’est, avec le recul, finalement pas si étonnant.

8 – Renault Vel Satis 

Censée faire concurrence aux hauts de gamme  allemands, la Vel Satis fut présentée en 2002.  

Fidèle à l’esprit de Yves Georges père de la 4L, cette voiture fut dessinée de l’intérieur vers l’extérieur. Autrement dit, l’habitabilité comme  base de travail déterminera la ligne extérieure. 

Grave erreur, les codes du haut de gamme,  déterminé depuis plusieurs décennies par les constructeurs allemands et validés par les  clients obéissent exactement à une logique inverse. En effet, outre-Rhin, en termes de  premium la norme est d’abord de s’assurer que la voiture a de très belles proportions extérieures.  L’habitabilité ne vient qu’en deuxième ressort. 

Et c’est bien ce qui tua le dessin  de la Vel Satis. Comme l‘avouait quelques années plus tard Patrick Le  Quément, directeur du design Renault de l’époque, « la Vel Satis, c’était un bossu !  Une voiture avec une habitabilité remarquable, mais mal proportionnée. »

7 – Citroën Ami 6

Lancée en 1961, dans une France conservatrice,  l’Ami6 avait pour tâche de s’intercaler dans la gamme Citroën de l’époque entre les DS et 2 CV. Dessinée par un Flavio Bertoni alors à la tête du design de Citroën, l’AMI6 fut guidée  par des impératifs pratiques : un maximum d’espace pour les passagers, une  place maximale pour les bagages.

Seulement voilà, aspects pratiques et audace  ne font pas toujours bon ménage. En effet la lunette arrière inversée ainsi que la forme  du capot et des phares avant font rapidement hériter le véhicule du sobriquet de crapaud. Si la berline fera une carrière honorable mais sans éclat, la déclinaison break sera, elle, un  véritable succès. Elle permettra à la voiture de se placer à la tête des ventes en France  en 1966. Plus consensuelle, mais pas beaucoup plus belle le résultat est loin d’enchanter. On en vient donc finalement à se demander si l’originalité de la berline n’en fait pas la  version à privilégier au break si votre âme de collectionneur vous guide vers la Citroën AMI.

6 – Aston Martin Lagonda 

Lancée en 1976, la deuxième génération  de l’Aston Martin Lagonda a ceci pour elle qu’elle fait mentir l’adage selon lequel  la beauté ne serait réservée qu’aux classes les plus aisées. Et dans ce cas, le fait  que la transgression vienne de la marque Aston Martin d’ordinaire réputée pour l’élégance  intemporelle de ses coupés étonne d’autant plus. On ne sait ce qui cloche le plus : les lignes délibérément anguleuses, les portes à faux totalement excessifs, les phares rectangles sous-dimensionnés ou la calandre à la hauteur insuffisante perdue au milieu d’une face avant démesurément large.

Mais le coup de grâce arrivera en 1996. Un client  Hong Kongais fait appel à une société suisse pour transformer sa voiture en break de chasse. Au bout de 4 ans, et à moins d’être un inconditionnel des corbillards le résultat en  particulier vu de profil fait froid dans le dos.

On notera tout de même une constance chez Aston  Martin qui présente en 2014 une Lagonda Taraf à peine moins ratée qui, fort heureusement  pour nos pupilles hexagonales n’a pas croisé les routes de France.

5 – Alfa-Romeo SZ

Destinée à redorer le blason d’Alfa-Romeo  récemment intégré au conglomérat industriel Fiat Automobile, le SZ lancé en 1987 reprendra  toute la mécanique de l’Alfa 75 V6 3.0.

Son dessin sera confié au fameux carrossier  italien Zagato. Lorsqu’elle est présentée à la presse, elle divise instantanément. Si certains  observateurs crient au génie, un nombre non négligeable affuble aussitôt le véhicule du  qualificatif Il Mostro, littéralement « Le Monstre » en Italien. Il faut dire que les 3  minuscules phares de chaque côté surmontant un bouclier avant totalement proéminent ne font  pas dans la finesse. De profil, l’impression de lourdeur est accentuée par une partie carrosserie  très haute et excessivement raccourcie. Les vitres en meurtrière n’aident pas à rééquilibrer la ligne  alors même que l’aileron vient ajouter une touche supplémentaire d’excentricité à un ensemble qui  n’en avait, soyons honnête, pas réellement besoin. Alors, laide cette SZ ? Difficile à dire. En  tous cas excentrique et définitivement décalée. 

4– Nissan Cube 

Avouez qu’il serait injuste de  critiquer l’aspect cubique du véhicule, car comme le vantait une publicité pour  un fromage célèbre, c’est écrit dessus.

En revanche, tant la lunette arrière  symétrique lui donnant l’apparence d’un flétan que des vitres latérales de  dimensions inégales semblent bien plus adaptés à l’univers du dessin animé pour enfant  de moins de 4 ans que de celui de l’automobile. Le nez et la poupe en forme de bec écrasé  achèvent de faire sombrer l’ensemble dans une catastrophe stylistique,  qui, étonnement semble assumée. Catastrophe du point de vue occidentale du moins  car, qui l’eut cru, le Cube fut en 2003 et 2004 la voiture la plus vendue de la marque au Japon. Comme quoi les gouts et les couleurs sont affaire de culture semble-t-il.

3 – Volkswagen Type 181

Conçue au départ pour l’armée allemande de  l’ouest, la Volkswagen 181 est construite en 1968, à partir du châssis et de  la motorisation de la Coccinelle. Elle emprunte une bonne partie  de ses lignes à la Kübelwagen, tristement fameuse voiture de liaison de l’armée  allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale. Véhicule militaire avant tout, l’esthétisme  ne fit certes pas partie du cahier des charges. Et du coup cela se voyait. Rapidement surnommée aux Etats Unis The Thing (La Chose), on se demande ce qui  a bien pu pousser l’état-major de Volkswagen à la proposer au public et en série. Si le look décapoté peut finalement faire penser à un véhicule de plage, il est  difficile de trouver les mots pour qualifier le dessin ou plutôt l’absence de dessin  de la chose une fois la capote en place. Si toutefois vous avez gout prononcé pour les  véhicules militaires, sachez que cette voiture se trouve assez facilement sur le marché français  et que sa cote monte lentement mais surement. 

2 – SsangYong Rodius 2005

Tout a été dit sur l’esthétique du Rodius. Il s’agit de l’un des véhicules ayant  remporté le plus de prix de laideur de par le monde. Parmi les phrases les plus drôles,  Top Gear magazine écrivait que le véhicule semblait avoir été défiguré dans une bagarre à  l’arrière d’un pub puis recousu par un aveugle. Jeremy Clarkson de son côté décrivait ce véhicule  comme la fusion entre un coupé et un fourgon de déménagement accouplés de la manière la plus  inique depuis que de Caligula est tombé amoureux de son cheval. Les lecteurs du Daily Telegraph  après l’avoir désignée voiture la plus laide de tous les temps commentait que même sa propre mère  si elle en avait une la qualifierait de laide. On notera la réponse officielle du designer  en chef du véhicule, Ken Greenley : «le Rodius embarque une forte composante émotionnelle qui  en fera le centre d’attention où qu’il aille. » Ce à quoi le très sérieux journal  l’Independent répondait qu’en supposant que la «forte composante émotionnelle» soit de  la pitié, et que «l’attention» vienne sous la forme d’une dérision universelle, monsieur  Greeley tenait probablement le bon bout.

1 – Fiat Multipla

Est-il nécessaire de le présenter ?  Star incontestable des classements européens  de voitures laides, le Multipla partage avec la Vel Satis, le même type de conception.  L’habitabilité crée la forme. Dans ce domaine, les designers de Fiat ont fait fort. En effet  dans moins de 4m de long, ils réussissent à caser 6 personnes ainsi qu’un coffre de plus de 400  litres. La modularité est également remarquable avec des sièges se repliant dans tous les sens. La  luminosité intérieure était également remarquable. Oui mais à l’instar du Vel Satis, cette  obsession pour le bien être des passagers se trahit à l’extérieur par un physique  compliqué. Tout d’abord les proportions de l’engin sont éloignées de celles des réalisations  les plus désirables, et elles sont nombreuses, de la péninsule italienne. La largeur de près  d’1,90m alliée à la hauteur de près d’1m70 ne s’accordent que peu avec la longueur limitée à 4m. Les vitres surdimensionnées alliées à un pavillon se terminant en congé inquiètent. Mais le pire  est probablement la face avant tenant plus du cétacé que du pur-sang. Dans un pays ayant donné  naissance à tant de véhicules plus superbes les uns que les autres, la commercialisation d’un tel  phénomène reste encore aujourd’hui un mystère.

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