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La fin des concessionnaires automobiles

Les concessions automobiles sont fermées depuis le début du mois de novembre, avec la mise en place du deuxième confinement. Selon le site de l’argus pro, le comité national des professionnels de l’automobile s’inquiètent des conséquences du second confinement, et avancent déjà des chiffres inquiétants après seulement une semaine. Bien que subissant également une baisse de ses ventes dans l’hexagone, tesla se permet d’être le seul constructeur ayant réussi à les augmenter au niveau européen. La marque affiche en effet un accroissement de 0,2% sur l’année, par rapport à 2019, à la fin du mois d’octobre. Si cette performance est bien entendu dopée par les incitations de nombre de pays en faveur de l’achat de véhicules électriques, certains observateurs l’attribuent également au modèle de distribution spécifique du constructeur américain. Innovant dans un marché de la distribution automobile très traditionnel, la mise à disposition des clients des produits de la marque ne passe pas par une concession.

La concession automobile en deux mots

Une concession automobile est une entreprise indépendante, ayant passé un contrat de concession avec un ou plusieurs constructeurs automobiles. Le contrat de concession exclusif est un contrat par lequel un concessionnaire, le distributeur assure sur un territoire déterminé, et sur lequel il dispose d’une exclusivité territoriale, la distribution des produits du concédant.

Autrefois la règle était simple. Lorsqu’un acheteur potentiel désirait acheter un véhicule, il devait se rendre en concession ou chez l’un des agents affiliés, pour avoir accès aux informations, via brochures et documentations concernant ledit véhicule.

Internet a changé la donne. En effet, une étude de 2018 menée en France, au royaume uni et en Allemagne, réalisé en partenariat entre l’institut GFK et Facebook, révélait que 97% des achats de voitures commençaient en ligne.

De plus, depuis plusieurs années, de nombreux sites indépendants en ligne proposent l’achat de véhicules neufs de nombreuses marques.

Outre l’achat du véhicule, certains, tels que briocar, offrent également la livraison du véhicule à domicile.

De nombreux constructeurs proposaient jusqu’ici à l’acheteur de configurer son véhicule en ligne, ou de réserver un nouveau modèle.

La signature du bon d’achat se faisait toujours en concession avec un conseiller. Les deux récents épisodes de confinement semblent avoir changé la donne. Certains constructeurs proposent désormais l’achat direct de véhicules en ligne. Par exemple, Volvo,  via le service Volvo vient à vous, propose de commander son véhicule directement sur le site de la marque.

D’autres services proposés par les concessionnaires

Il est même possible d’obtenir directement des financements, sans le moindre apport et de se faire livrer le véhicule à domicile.

Psa de son côté, proposant également la vente ainsi que les financements en ligne, ajoute à ces services la possibilité d’évaluer le montant de la reprise de son ancien véhicule.

Pour le moment, confinement est donc, la réponse des concessions à ce qui pourrait s’apparenter selon leur point de vue à une concurrence déloyale, ne s’est pas fait jour. En effet, si ce système venait à se généraliser, on se demande comment elle pourrait compenser le manque à gagner issus des ventes de voitures neuves, désormais réduites, voire inexistantes ?

Leur rôle se recentrerait alors uniquement sur la distribution de pièces détachées et l’entretien de véhicule.

Cependant, un problème se pose

Le pourcentage de consommateurs faisant appel aux concessionnaires et agents dans le cadre de l’entretien de leur véhicule, est en chute depuis dix ans.  En effet, la part des acteurs, concourant sur le marché de l’entretien tel que les centres auto ou garagistes indépendants, est passé de 55 à 65 % sur la même période.  La complexification des véhicules souvent cité dans les années 2000, comme une cause probable de disparition des garages indépendants, n’a donc pas eu loin sans faut, les résultats escomptés.

La généralisation d’offres de LOA et leasing ces dernières années, dont certains observateurs décidément, pas plus lucide que leurs aînés décrivait comme censé donné, la priorité aux réseaux officiels, ne suffit pas à inverser la tendance.

Les revenus, issus de l’entretien et de la vente de pièces détachées, s’effondrent eux aussi pour les concessionnaires. S’ils devaient être privés en sus d’une partie de la vente de véhicules neufs, on voit mal comment l’activité des agents et concessions,  pourrait perdurer. Malgré tout, il est probable que la mutation prenne plus de temps que prévu.

En effet, elle semble toujours se heurter à un obstacle, les habitudes des français. D’après une étude commandée en octobre 2020 par le conseil national des professions de l’automobile, 86 % des acheteurs pensent que le contact humain en concession est important, voire très important. Cette considération est, d’ailleurs confirmée par le fait que les français visitent en moyenne quatre concessions et 72% réalisent un essai, avant de se décider à acheter. Même si les constructeurs déclarent enregistrer une hausse récente des visites sur leur site internet, les clients ne se pressent toujours pas pour acheter.

À ceux-ci, deux raisons. Tout d’abord, il ne faut pas oublier que le budget véhicule pèse lourd, voire très lourd dans le budget des ménages.  On peut comprendre que, pour un achat aussi importants, voire risqué, le client veuille avoir, non seulement, la possibilité d’observer, mais aussi de toucher et essayer le produit. Lorsque l’opportunité ne lui en ai pas donné, le client se montre, donc, encore réticents à l’achat.

Un autre problème qui survient

La vente de voitures neuves en ligne, en lieu et place de la concession, implique non seulement que les acheteurs soient prêts à sauter le pas, mais aussi qu’ils aient la possibilité de le faire. Le plongeon du pouvoir d’achat des ménages français au deuxième trimestre 2020, est loin d’être de bon augure sur ce point.

Les chiffres du chômage en hausse depuis le début de l’année, ne sont pas plus rassurants d’autant que pas un jour ne passe, sans que de nouveaux plans sociaux et vague de licenciements soient annoncées.

Malgré toutes ces raisons, et quel que soit le temps que prenne la révolution numérique annoncée, le spectre d’une chute de la fréquentation des concessions, déjà entamée depuis ces dernières années, est plus que probable. Et avec lui, la disparition vraisemblable de nombre d’acteurs du secteur.

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